AARP - Rémi PAPILLAULT - Architecte - Urbaniste -Toulouse

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Le voyage, l’architecte et l’appel de l’Inde

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Déceler dans ce que l’on voit tous les jours ce que l’on ne voit plus, interroger le quotidien pour dans le caché ou l’évidence des choses découvrir ce que l’on n’avait jamais remarqué. Etre le visiteur de sa rue, le paysan de sa ville, est certainement le premier voyage. Mais arrive un moment où la lassitude nous gagne, le regard se brouille d’ennui, le voisinage perd de sa saveur, tout paraît rebattu. L’architecte usé, malaxé par les contraintes du réel, doit régulièrement recaler son diapason hors l’agence. Une fois le départ décidé, il faut alors fourbir les armes de la prise de notes, charger les appareils, caresser les carnets, affûter les crayons, bien fermer la porte et aller se faire souffler là où ça souffle, sortir et partir léger : en dose régulière pas forcément très loin : le tracé d’une bastide, une ruine dans le fonds d’une vallée du Lot, le hall d’une villa-galerie au fond d’une impasse parisienne, un puits triangulaire en Sardaigne, une cour de béton brut au milieu d’un jardin du Tessin, puis en élargissant au-delà les mers, la cour de Kairouan, un case study house, l’atrium d’Exceter, et tant d’autres.
Le voyage est un incontournable de la formation, avant, pendant et après les études et ce depuis longtemps : le tour de France médiéval, le voyage aux « Itales » des « tailleurs d’image » de la Renaissance française, les Grands Prix de Rome quittant quelques instants l’Eden de la villa pour arpenter les thèmes de l’Antiquité et envoyer la bonne parole à ceux pris dans le maelstrom parisien ou l’engourdissement provincial. L’autodidacte, Viollet le Duc, à l’âge de 22 ans avec son épouse, son enfant et un de ses étudiants, traversaient à dos de mulet les Alpes pour aller de visu dessiner la grande architecture. Le voyage d’Orient de Le Corbusier, un autre autodidacte, suit des lignes de voyage finalement classiques de la période, Budapest, Edirné, Istanbul à l’aller, le Mont Athos, Athènes et Rome au retour...
Pour les architectes de la révolution soixante-huitarde, ce classique n’est plus possible ; il fallait inventer de nouvelles destinations et l’Inde fut très vite la Mecque de beaucoup partant en scooter gonflé, deux-chevaux trafiquée ou auto-stop pour ce qui allait devenir un pèlerinage. A coté du trip Katmandou-Delhi-Goa, Chandigarh occupait une place au départ secondaire et masquée, qui au fil des années n’aura cessé de se dévoiler, s’imbriquant dans un tissu de bâtiments modernes où Louis Kahn, Maxwell Fry, Jane Drew, Pierre Jeanneret occupaient une place de plus en plus importante pour finir dans un vaste panthéon que Jean-Louis Véret et Pierre Riboulet allaient élargir à la grande architecture moghole donnant d’autant plus de force au travail des maîtres modernes.
Pour l’architecte, la motivation principale du voyage est bien de pratiquer physiquement l’espace, d’en sentir lumière et matière, de placer l’architecture dans un contexte territorial que les ouvrages d’analyses n’arrivent jamais à saisir. Comprendre par le livre l’espace savant, métaphysique et sensualiste d’un bâtiment de Louis Kahn est un exercice impossible. Idem pour Corbusier, nous admirions déjà au travers des photos de Lucien Hervé la pénombre du hall du Palais de l’Assemblée de Chandigarh, mais en gravir la rampe, tournoyer dans la multitude de colonnes, découvrir le masque grimaçant de la salle d’assemblée… Par extension toute l’architecture savante moghole de Sarkhej, d’Adalaj Vav, des havelis de la vieille ville de Jaipur ou du palais d’Amer racontent sans entraves ce désir d’architecture et de rencontres.
Car voyager c’est aussi et surtout rencontrer l’autre, celui qui pratique l’architecture ou la ville visitée. Il en est l’expert qui, une fois passé le discours, peut dire à l’usage ce qu’il en sait, comment il vit, et du coup changer notre façon de voir. Avec la mondialisation on peut aller partout. Des poches de qualités se dessinent en Hollande, Tessin, Catalogne, dans les Grisons, Japon ou Portugal, mais rien n’a la saveur et la violence des lieux où s’entremêlent dans un tumulte d’humanité, Sarkhej et Kahn, Jaipur et Corbusier, d’Ahmedabad à Chandigarh. Une fois rentré, les portes s’ouvrent, nos villes sont des jardins.


L’éternel présent de l’habiter

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Cet enseignement a pour objectif de donner des savoirs et connaissances sur les modes de composition de la cellule d’habitation en France et dans des comparaisons européennes, notamment avec le Portugal, de l’après guerre à nos jours.
L’idée est au travers de l’analyse de la production de l’habitat social collectif de faire ressortir des débats sur la science de l’habiter.
Sur la base d’un corpus de bâtiments apparaissent des thèmes transversaux.

- La dépendance à l’immeuble : idées de partage et d’isolement.

- La partition fonctionnelle et spatiale : tripartition et traversant.

- Rationalité constructive : de la place de la gaine à l’entraxe.

- Double circulation : boucles et mariages.

- Le dedans-dehors comme signe de la modernité.

- Les temps de l’habiter : histoire d’une vie et familles recomposées..


Équipe enseignante: Rémi Papillault (ENSAT), Rui Ramos (FAUP)
Ecole : ENSA Toulouse, FAUP, Faculdade de Arquitectura da Universidade do Porto


L’espace moderne dedans-dehors

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Cet enseignement porte sur les théories de la modernité de la 2ème moitié du XXème siècle dans une itération textes/réalisations en nous concentrant sur la conception de l’espace architectural.
En partant d’une idée de Siegfried Giedion dans l’introduction de 1968 de « Space, Time, Architecture », la modernité aurait donné un nouveau rapport au monde, dedans-dehors, qui se formaliserait dans des dispositifs architecturaux spécifiques. Comment l’évolution dans notre rapport à la nature a changé l’architecture ? Comment s’opère une nouvelle relation intérieur / extérieur ? Comment la rencontre maître d’œuvre et maître d’ouvrage s’organise autour de cette question ?

Il s’agira de développer chez les étudiants leur ouverture d’esprit, leur jugement critique et contribuer à leur donner les outils, les méthodes, pour mieux concevoir la modernité aujourd’hui dans toute sa complexité : l’architecture est plurielle.


Équipe enseignante: Rémi Papillault (VT), Patrick Guillemin (TPCAU)

Ecole : ENSA Toulouse


Jaipur, une ville neuve en Inde

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Le choix de Jaipur comme site d’étude se fonde d’abord sur les qualités de compositions territoriales, urbaines et architecturales dont la simplicité apparente permet de saisir les fondamentaux rapidement. Le lien qui unit ces différentes échelles est au cœur de l’analyse. La composition axée, la tripartition, le servant-servi, les homothéties spatiales, l’inertie thermique et la captation de l’air pour résister aux 50° de l’été, la récupération des rares eaux de pluies, l’habitabilité autour de la protection de la famille, les séquences du publics au privé pour la mise à distance, l’ergonomie spécifique du assis par terre, les qualités de décors sculptés et peints, l’idée de luxe dans le détail, l’évolutivité spatiale et structurelle, la rationalité constructive sur la base de matériaux limités, les subtilités de l’entre-deux, du creusé dans l’épaisseur , le rapport à l’extérieur et au ciel et tant d’autres thèmes sont quelques uns des éléments qui font la qualité de cette architecture dont le relevé tente de rendre compte. Jaipur au Rajasthan, « allez se faire souffler là où ça souffle » disait Debeaux, pour parler de la beauté de ce monde et de son enregistrement.


Équipe enseignante: Alain Borie, Françoise Catalàa, Sanjeev Vidhyarthi,
Rémi Papillault

Ecole : ENSAT Toulouse, ENSAPM Paris Malaquais, Aayojan Collège Jaipur

BIBLIOGRAPHIE
Jaipur Une ville neuve en Inde, Ed Thalia, 2007


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